Le départ de Daniel Bizeray On cherche un équilibriste ….
Même si on peut imaginer qu’il s’en doutait un peu, Daniel Bizeray ne savait certainement pas encore quand il l’a construite qu’il était en train mettre un point final à sa collaboration avec l’Opéra de Rouen avec la saison 2009-2010 qu’il présentait le mois dernier.
Une saison dont la qualité ne peut que nous faire regretter un peu plus son départ.
C’est en effet au moment où s’affirmait une philosophie appliquée à la recherche de nouveaux public sans jamais heurter celui qui de tradition était fidèle à une certaine image de la maison, qu’il quitte Rouen pour rejoindre Clermont-Ferrand.
Une situation, au demeurant, qui ne saurait bien évidemment mettre en cause et avant l’heure les qualités de celui qui lui succédera.
On peut seulement dire que Bizeray va lui laisser une maison en parfait de état de fonctionnement, jouissant d’une notoriété qui dépasse largement la région et dont les indices de fréquentation sont au beau fixe.
Une moyenne de 130.000 spectateurs dont 9.000 abonnés, des productions et des concerts qui se sont particulièrement bien exportés entre autre à l’Opéra-Comique, à la Cité de la Musique, à la Maison de la Radio, à Strasbourg au Festival “Musica” et des actions entreprises vers des catégories socio-culturelles laissées trop souvent en marge d’une maison d’opéra comme les prisons, le CHU, les établissement scolaires... le tout représentant un travail en profondeur s’appuyant sur une pertinence artistique sans laquelle tout le reste ne serait que de la poudre aux yeux.
Daniel Bizeray en alliant l’élégance à la témérité a su sortit l’Opéra de Rouen d’une vision quelque peu élitiste que la maison s’était plu à donner d’elle-même pendant un temps pour revenir à une notion plus élargie de ce que peut attendre le public d’un théâtre dont la vocation est de répondre aux exigences de la proximité tout en pratiquant une politique ambitieuse d’ouverture.
On ne sait pas encore qui lui succédera. Des noms circulent, certains avec plus d’insistance que d’autres mais rien, semble-t-il n’est arrêté. Les appels à candidatures ont été lancés début juin mais il est bien certains que les postulants n’ont pas attendu cette démarche, obligatoire pour ce genre de fonction, pour se précipiter sur la ligne de départ. Il y a de moins en moins de théâtre et de plus en plus de candidats. Autant dire que les places sont chères et que la commission qui va devoir trancher n’aura pas trop de l’été pour y parvenir. Sera-t-il (ou sera-t-elle ) là pour la rentrée prochaine? C’est à espérer.